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Reportage......................
Le samedi matin 9 Novembre 2002, nous partons très tôt
de Strasbourg et après 800 km d'autoroutes parcourues
sous une pluie battante nous arrivons à Lesze Bled vers
les midi. Le Bled en question est situé tout près de
la frontière de l'Autriche sur le versant sud des Alpes.
La région est très touristique et la Slovénie n'a rien
d'un pays sous développé, les villages sont riants et
proprets comme en Suisse ou en Autriche.
Sur l'aérodrome nous sommes attendus par Pavel Potocnik,
patron d'Albastar, Franc Popit l'ingénieur de la maison
et Bostjan Pristavec compétiteur bien connu qui est
actionnaire d'Albastar, pilote d'essai et qui a battu
plusieurs records du monde sur l'Apis.
L'après-midi, comme il fait relativement beau (mais
froid!) nous essayons de suite l'Apis M, c'est à dire
la version 15m motorisée qui a été présentée lors des
journées Vol à Voile. Nous nous installons dans le cockpit
qui est très confortable bien que nous portions un anorak
assez épais. On est très bien assis et on n'a pas le
creux sous le parachute que l'on a dans certains planeurs.
Seul petit problème nos pieds (pointure 46...) frottent
un peu sur le rebord supérieur du fuselage mais la version
définitive comportera plus d'espace pour ceux qui vivent
sur un grand pied. La disposition des commandes est
bonne, seule la commande des volets est située un peu
trop en arrière à notre goût mais là aussi une modification
est en cours. L'intérieur est très bien fini, les rebords
de fuselages et le tableau de bord moulés en carbone
associés à un habillage en tissus anthracite sont du
plus bel effet.
Franc Popit nous fait un amphi cabine assez rapide pour
nous expliquer le maniement du moteur qui est contrôlé
par un instrument de diamètre 57 mm très facile à utiliser.
Pour mettre en marche le moteur il suffit de mettre
le contact général et de lever l' interrupteur permettant
de sortir le moteur. Dès que celui ci est entièrement
sorti, un voyant s'allume indiquant que l'hélice est
débloquée et que le moteur peut être mis en marche.
On place le levier des gaz à mi position, on met le
contact et on appuie sur le démarreur en donnant un
peu de primer et ça part instantanément. La mise en
route est donc très facile et les sécurités prévues
évitent toute erreur de manipulation.
On laisse le moteur chauffer un peu et on roule en piste.
On peut diriger l'appareil tout seul à l'aide de la
roulette arrière orientable mais le terrain étant bosselé
un aide tient l'aile. Après obtention de la clairance
de la tour nous décollons sans problème et montons franchement.
Franchement signifie qu'à la vitesse optimale qui se
situe à 85 km/h l'engin monte à plus de 4m/s au régime
max du moteur (6300 tours min)!. Le niveau de bruit
est assez important d'autant plus que nous n'avons pas
de casque mais c'est la loi du genre. De même le niveau
de vibration est assez élevé mais reste acceptable.
Le constructeur compte le réduire en montant une nouvelle
hélice et un silent-bloc mais du fait de la structure
légère de la cellule, toutes les vibrations
ne pourront être amorties. Arrivé à l'altitude
désirée ( 1000m FE), je coupe le contact, l'hélice s'arrête,
on peut alors actionner l'interrupteur de rétraction
moteur. Si l'on est à une vitesse de vol suffisante
( 85 km/h) l'hélice tourne sous l'effet du vent et se
bloque automatiquement en position verticale, la rétraction
totale ne se faisant que lorsque cette opération est
terminée. Là encore un fonctionnement simple et sûr.
Une fois en vol plané la visibilité est excellente (le
nez a été abaissé par rapport au Silent). Coté pilotage
on n'est absolument pas désorienté car on a affaire
à un planeur tout à fait classique . Les ailerons sont
légers bien qu'ils soient de grande envergure pour fonctionner
en flaperons. Un essai de décrochage volets au neutre
montre que l'appareil décroche bien en dessous de 70
km/h indiqués, le décrochage étant précédé d'un buffeting
très net. Avec les volets en positif la vitesse de décrochage
de 65 km/h requise en catégorie ULM est atteinte sans
problème. L'appareil est maniable et parfaitement homogène.
Il n'y a pas d'ascendances aujourd'hui mais on spirale
sans problème à 70km/h. On est loin des motoplaneurs
chargés au dm2 puisque l'Apis pèse 40 kg de moins qu'un
planeur classique et comporte près de 2 m2 de surface
en plus! Tout ceci donne un pilotage facile et bien
que cela fasse pas mal de temps que je n'en aie plus
fait j'ai l'impression de piloter un K8. L'atterrissage
se fait volets au neutre car les volets en positif ne
créent pas assez de trainée et l'appareil allonge plutôt
plus avec le premier cran de volets qu'au neutre. Les
aérofreins sont cependant bien assez efficaces pour
permettre d'ajuster le plan de descente.
Un première prise de contact avec l'appareil qui est
donc très positive. L'appareil nous parait être un compromis
très réussi et nous espérons pouvoir confirmer cette
excellente impression le lendemain car la météo prévoit
du soleil et des ascendances.
Après les vols nous visitons les installations d'Albastar.
Actuellement la production se fait dans une usine quelque
peu vétuste mais la firme est sur le point de déménager
dans une nouvelle unité de production située près de
l'aérodrome et des usines Elan qui fabriquent des skis
et des bateaux. Ces nouveaux locaux sont clairs et spacieux
et comportent deux cabines de peinture ultra modernes.
En outre la firme a un savoir faire certain puisqu'elle
assure une partie de la production des ailes du Sinus
pour le compte de Pipistrel. Il semble d'ailleurs que
les ailes de Sinus aient été développées
en commun par Pipistrel et Albastar ce qui permet à
ces derniers d'utiliser cette aile sur l'Apis 15m. Les
pièces moulées que l'on nous montre sont d'une très
grande qualité, ce qui n'est pas étonnant car Pavel
Potocnik a été pendant de nombreuses années responsable
de la production des planeurs DG construits chez Elan.
Les dirigeants d'Albastar nous exposent leurs projets
qui sont très sérieusement menés . Il faut savoir par
exemple que bien que les différentes versions de l'APIS
ne soient pas (pour des raisons de coût ) certifiées
JAR 22, ces planeurs répondent parfaitement à cette
norme. Franc Popit qui est un ingénieur d'une grande
rigueur a notamment tenu à nous montrer tous les comptes
rendus des essais statiques et des essais de crash sur
les cockpit. Le tout inspire une très grande confiance.
Le lendemain matin le soleil est au rendez vous et dès
9h du matin des petits cumulus apparaissent sur les
montagnes environnantes balayées par un vent du nord
est qui a l'air assez fort. Nous passons la matinée
à régler les détails de la coopération Finesse
Max-Albastar et l'après midi nous volons à deux, mon
père dans le motoplaneur de 15 m, et moi dans l'APIS
WR c'est à dire la version planeur pur de 13m. Derrière
le Pawnee L'APIS WR grimpe aux murs et le vario est
en butée. Une fois largué l'engin s'avère hyper maniable
et très amusant à piloter. Les pompes sont franches
et massives et il n'est pas rare de trouver du 5 mètres.
On peut spiraler à des vitesses incroyablement faibles
et l'APIS monte en tournant littéralement au cur
même des ascendances. Le plafond est de 2600 mètres
FE et la vue est splendide. Avec mon père nous nous
nous retrouvons pour une séquence photo et nous prenons
un pied monumental à voler pendant près de trois heures
dans cet environnement magnifique avec des appareils
aussi sympas. Après l'atterrissage nous discutons encore
quelques points avec nos partenaires d'Albastar avant
de reprendre la route. Sur l'autoroute, nous retrouvons
rapidement la pluie mais nous sommes tellement enthousiastes
de ce que nous avons vu durant ces deux jours que les
7 heures de voyage passent assez vite.
En conclusion l'Apis M est véritablement un appareil
unique sur le marché puisque c'est à la fois un motoplaneur
(qui assure à son pilote une autonomie totale) qu'il
a les performance d'un planeur normal( son constructeur
estime qu'il est meilleur qu'un DG 100 à basse vitesse,
équivalent entre 120 et 150 et moins bon au delà de
150 km/h) qu'il est facile à piloter (du fait de sa
faible charge alaire) et qu'il est ULM (plus de GSAC,
plus de visite médicale pour le pilote et autres avantages
réglementaires des ULM). En plus il est joli
et très bien construit. A notre avis c'est un appareil
qui devrait satisfaire tous les pilotes qui n'ont pas
l'ambition de faire de la compétition ou des records
soit plus de 90% de vélivoles. L'Apis WR de son côté
est un petit planeur très intéressant et très rigolo.
Il est vraiment dommage que ce type d'appareil ne puisse
pas être utilisé légalement en France car à notre avis
il vaut largement le PW5. Il n'est pas exclu cependant
qu'Albastar le fasse certifier JAR 22 pour lever le
blocage existant dans de nombreux pays. L'appareil pourrait
alors devenir un appareil de début très
intéressant et économique.
Cette analyse n'est certes pas objective mais les vélivoles
intéressés pourront se faire leur propre opinion puisque
Finesse Max dispose depuis mars 2003 d'un APIS M de
démonstration.....
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